La conquête de l’Amérique Latine. L’or et le sang.

[Sommaire]
La conquête de l’Amérique Latine
L’empire Aztèque
L’empire Inca

La conquête l’Amérique Latine. L’or et le sang.

 

Ironie du sort, Christophe Colomb mourut le 20 mai 1506 à Valladolid (Castille) avec la certitude d’avoir atteint les Indes orientales et probablement sans se douter, fût-ce un court instant, qu’il avait pu découvrir un nouveau monde … Ars Longa, vita brevis ! Mais la conquête de l’Amérique, « la Conquista », autrement dit le processus de conquête et d’occupation du Nouveau Monde, à partir de sa prétendue découverte par Colomb, était lancée et les Amérindiens en paieraient le prix fort…

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Guerrier Inca

La conquête de l’Amérique précolombienne n’évoque en rien les huit croisades qui, entre 1095 et 1291, se succédèrent en Orient. Car elle ne fut pas une entreprise d’État et n’avait – initialement – aucun fondement religieux. Elle n’évoque pas davantage les campagnes coloniales subséquentes, ni même les plus récentes, car elle devait servir la seule grandeur de la Couronne de Castille et ne profiter, par ricochet, qu’aux seuls « conquistadores » (conquérants) – sans aucune réciprocité envers les Autochtones. Pour mémoire, seule la IVème croisade (1202-1204), sous le règne de Philippe II Auguste, se termina par le pillage de Constantinople, quand la « Conquista » fut à la fois une longue suite de spoliations sanglantes, souvent meurtrières, la mise en coupe réglée de civilisations entières réduites à l’esclavage, un ethnocide et au pire un génocide ….

La conquête de l’Amérique latine fut l’œuvre d’aventuriers qui montèrent, avec l’aide financière des Rois catholiques Isabelle Ière, reine de Castille, et Ferdinand II, roi d’Aragon, mais surtout celle de mécènes, de hauts dignitaires, de spéculateurs, d’armateurs et de marchands, des expéditions privées pour arracher, non sans peine, à la future « Terra America », les richesses (or, argent, pierres précieuses, objets et œuvres d’art, …) qui allaient traverser l’océan Atlantique pour soutenir la grandeur de Sa Majesté Catholique et lui permettre de lutter contre les infidèles et les hérétiques.

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Conquista

L’évangélisation des « Indiens » – n’oublions pas que Christophe Colomb pensait avoir atteint les Indes orientales  ! – n’apparaissait pas aux souverains castillans comme une raison suffisante pour prendre en charge la conquête du « Nouveau Monde ». C’était en Méditerranée et en Europe que Charles Quint et Philippe II voulaient combattre les infidèles et les hérétiques. Ainsi, les deux événements dont Philippe II se prévalut comme défenseur de la foi furent la bataille de Lépante contre les Turcs (en 1571) et la malheureuse aventure de l’Invincible armada contre Élisabeth Ière, reine d’Angleterre, gardienne de la région «  prétendument réformée  » (en 1588). Avant lui, Charles Quint n’eut sans doute jamais pensé que cette guerre sainte, menée de la Méditerranée à la Manche, put s’étendre jusqu’au golfe du Mexique...

En 1493, le pape Alexandre VI, qui allait bientôt, par le Traité de Tordesillas (1494), partager le monde entre les Espagnols et les Portugais, émit quatre bulles donnant mission à l’Espagne d’évangéliser les terres nouvellement découvertes. C’était la justification juridique, et désormais religieuse, de l’épopée américaine, qui devait faire couler tant de sang …

Liberté

Isabelle la Catholique avait déclaré tous les Indiens libres. Ils n’en furent pas moins réduits à l’état d’esclaves dès le début de la conquête et ceux qui tentèrent de résister furent massacrés. En quelques années, les Caraïbes furent ainsi dépeuplées et la terreur gagna le continent. Le goût du lucre, l’avidité, lancèrent sur les peuples du nouveau Monde des «  conquistadores  » féroces et sans scrupules. L’Europe, et pas seulement l’Espagne, cherchait son essor et avait une grande faim de richesse.

Pour comble, la population de l’Amérique précolombienne était déjà le produit d’une histoire complexe et il aura fallu cinq siècles pour la débrouiller. Les différents peuples qui la composaient ignoraient l’alphabet et ne connaissaient pas le fer, ni la roue, ni le cheval. Ils avaient néanmoins atteint un haut degré d’évolution et constitué des empires vastes et puissants, d’un niveau organisationnel très élevé, qui dominaient l’Amérique. Ceux-ci, à l’arrivée des conquérants, étaient au nombre de deux : l’Empire aztèque, dans la région de l’actuel Mexique, et l’Empire inca, dans la région andine, qui couvrait les actuels Pérou, Équateur, Bolivie et nord du Chili.

L’Empire des Mayas

Un troisième empire, celui des Mayas, passé sous domination aztèque à partir du début du XIVème siècle, était tombé en décadence. Pendant mille cinq cents ans, les Mayas avaient couvert le Yucatán, le Honduras et le Guatemala de villes et de monuments admirables. Leur organisation sociale ressemblait beaucoup à celle des Aztèques et chacun devait cultiver la parcelle qui lui était attribuée. Les Mayas ne connaissaient pas davantage l’usage des armes à feu, ni l’emploi des armures, mais ils avaient atteint un haut degré de culture en mathématiques et en astronomie.

Agriculteur aztèque

À l’arrivée des conquérants, il n’existait plus que huit petites principautés mayas, en guerre les unes contre les autres. La chute et la disparition de leur empire posent une des plus grandes énigmes de l’histoire  : leurs villes, qui comptaient plusieurs centaines de milliers d’habitants, furent désertées, abandonnées, rendues à la jungle dans le courant du XVIème siècle – sans que l’on sache pourquoi. L’hypothèse d’un déséquilibre écologique, lié à une croissance démographique trop rapide ou à un brusque changement climatique, a été avancée. On a évoqué également de graves troubles révolutionnaires …

 

La conquête de l’Amérique Latine : L’Empire Aztèque

L’actuel Mexique avait vu se succéder des civilisations (les mayas, les olmèques, les zapotèques, les totonaques, les huastèques, les Toltèques, les mixtèques et les chichimèques) dont les sciences (l’astronomie, la médecine, la chirurgie, les mathématiques, la botanique) et l’organisation sociale étaient souvent plus avancées qu’en Europe. Les Aztèques (ou « Mexica  ») n’étaient que des envahisseurs guerriers venus du nord au début du XIVème siècle, qui ignoraient également l’usage des armes à feu, l’emploi des armures et celui du cheval – ils pensaient même que le cavalier et sa monture étaient inséparables et constituaient un dieu  ! leur vie communautaire était organisée selon le principe de la stratification sociale  : un roi, des prêtres, des nobles, le peuple, des esclaves. Leur organisation administrative aboutissait à une économie planifiée qui mettait la population à l’abri des famines qui, à l’époque, ravageaient l’Europe.

L’Empire aztèque

L’Empire aztèque était une nation militaire, dont l’art et la culture ne valaient pas ceux des peuples qu’ils dominèrent, mais dont ils avaient assimilé les savoirs. Vers 1325, après avoir soumis les chichimèques – qui, eux-mêmes, avaient évincé les Toltèques du centre de l’actuel Mexique -, ils fondèrent leur capitale, Tenochtitlan, une cité-État soumise à un pouvoir du type théocratique – à l’image de la société aztèque tout entière. C’était une ville magnifique (avec des temples, des palais, un aqueduc et des bains dans chaque demeure) et en même temps une grande cité commerciale et artisanale, construite sur pilotis dans la lagune de Texcoco. Ce sont les « Mexica » qui donnèrent leur nom au Mexique.

Les Aztèques pratiquaient les sacrifices humains. Dans certaines cérémonies religieuses, un prêtre, en haut d’une pyramide, ouvrait avec un couteau d’obsidienne la poitrine d’une victime humaine, en arrachait le cœur et le présentait, sanglant, à la foule.

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Sacrifices humains (Aztèques)

Les peuples opprimés par la domination aztèque mirent à profit l’arrivée des « conquistadores », à partir de 1519, pour tenter de se libérer. C’est sans doute ce qui contribua à la chute si prompte d’un grand Empire guerrier, face à une poignée d’Européens. Mais les mille deux cents Espagnols qui, sous les ordres du Capitaine Hernán Córtez, s’emparèrent de Tenochtitlan, les 13 aoûts 1521, après un siège de quatre-vingt-treize jours qui coûta la vie à des milliers d’indigènes, étaient appuyés par trente-cinq mille Indiens – en majorité chichimèque.

Les prophéties religieuses du Nouveau Mexique avaient annoncé le retour de l’ancien Dieu toltèque Quetzalcoat, accompagné d’un bouleversement sanglant qui devait ouvrir une ère nouvelle. Córtez apparut ainsi comme l’envoyé du dieu. Les arquebuses, les mousquets et les bombardes, qui semèrent la mort, le sang versé, les supplices infligés par les conquérants, n’étaient-ils pas les signes de l’apocalypse, annoncés par les savants et les prêtres aztèques  ?

Tout cela suffit à expliquer la résignation de l’empereur Moctezuma II et la faible résistance de ses guerriers et de ses fonctionnaires. Dès 1522, Hernán Córtez prit la décision de construire, sur les ruines même de Technotitlan, la capitale de la Nouvelle Espagne, qu’il nomma « Mexico ».

 

Or aztèque

Le rôle de Cortez fut décisif parce qu’en s’emparant du Mexique, il ouvrit aux Européens le continent tout entier. Hernán Córtez était un «  hidalgo  » (gentilhomme), issu d’une famille noble mais pauvre de Medellín en Estrémadure. Il vint aux Indes pour faire fortune. À un envoyé de Moctezuma II qui venait le prier de se rembarquer, il répondit  : « dis à ton maître qu’il nous envoie de l’or, beaucoup d’or, car mes compagnons et moi souffrent d’une maladie de cœur qui ne se peut guérir qu’à l’aide de l’or  ! ». La messe était dite …

La conquête de l’Amérique Latine : L’Empire Inca

Le mot « Inca », qu’on applique aujourd’hui au peuple et à la civilisation andine, prête à confusion. Il désignait initialement e roi, le chef et, par extension, sa famille et les plus nobles seigneurs de sa cour.

Ce fut en 1523 que les « conquistadores » apprirent l’existence d’une riche province, le royaume de « Birú », pays de l’or, situé plus au sud du « nouveau Monde », sur le versant du Pacifique. L’année suivante, un aventurier, Francisco Pizarro, qui, avait participé à la prise de l’Empire aztèque, en 1519, par Hernán Córtez, organisa avec un autre aventurier, Diego d’Almagro, cent soixante-huit hommes et trente-sept chevaux, une première expédition jusqu’en Colombie. Cette expédition prit fin en 1528 – sans grand résultat. Pizarro acquit néanmoins la conviction de l’existence d’un grand royaume, encore plus au sud. Il retourna alors en Espagne pour organiser sa conquête au nom de la Couronne et s’assurer le futur titre de Gouverneur, qu’il obtint.

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Conquistadors

La campagne débuta en 1531 et le Capitaine Pizarro découvrit effectivement, sur le versant du Pacifique, un État plus puissant et plus vaste encore que l’Empire aztèque : le royaume de « l’Inca » (le Fils du Soleil), d’une surface de plus d’un million de kilomètres carrés et d’une étendue maximale de 5000 kilomètres (du nord au sud), dévorant une bonne partie de l’actuelle Amérique du Sud, des déserts côtiers aux sommets andins – à plus de 5000 mètres d’altitude !

C’était en fait le royaume recherché, celui de l’or, bientôt décrit par un nommé Martinez, l’un des officiers et seuls rescapés d’une expédition menée par don Diego d’Ordaz, à la même époque, pour explorer la Guyane. L’officier indiquera avoir commis une faute grave  : il avait fait du feu à côté de la réserve de poudre de l’expédition et tout avait sauté  ! Condamné à mort, mais finalement gracié et abandonné seul, sans vivres, dans une barque, il était tombé aux mains des indigènes. Ceux-ci, qui n’avaient jamais vu d’Européens, l’entraînèrent avec eux.

La cité fantastique

Après quinze jours de marche, on lui mit un bandeau sur les yeux et lorsqu’on le lui enleva, il aperçut, devant lui, une cité immense taillée dans l’or, « Manoa », qui était la capitale d’un empereur tout-puissant appelé « l’Inca ». Il fallut encore deux jours de marche pour atteindre la cité fantastique où il put contempler des palais et des tours d’or ciselé, qui éclipsaient en beauté tous les édifices de la Castille. Martinez fut le premier à être admis dans le palais de l’Inca décoré d’une richesse fabuleuse (des statues représentant des animaux, des oiseaux, des arbres, des plantes et même des poissons. Tous les meubles étaient faits d’or et d’argent. La vaisselle était en or massif …

De grandes fêtes se déroulaient dans la cité, au cours desquelles le Fils du Soleil et ses seigneurs se montraient nus, mais couverts entièrement de poudre d’or. Ils étaient ainsi semblables à des statues précieuses. L’Inca, disait Martinez, apparaissait comme le prince de l’or  : El Dorado. C’était également le nom que l’officier avait donné à la cité merveilleuse devenue mythe pour tous ceux qui ne parviendraient pas à l’atteindre.

Machu Picchu

À ce stade, il convient de citer Alan Kolata, anthropologue spécialiste des civilisations des hauts plateaux andins, à l’Université de Chicago : « en dépit d’énormes barrières culturelles et environnementales, en l’espace de trois générations, entre les Xvème et XVIème siècles, les incas ont réussi à se transformer : d’un assemblage de petits groupes sociaux ethniquement liés, se disputant la région montagneuse de Cuzco, ils sont devenus la plus grande entité politique qui n’ait jamais émergé en Amérique précolombienne. Aucune autre société de ce continent, pas même les Aztèques ou les Mayas, n’a forgé un tel empire, avec une telle complexité sociale ».

Les Incas furent l’aboutissement d’un long processus culturel, les héritiers surdoués et géniaux, par un subtil mélange de combat et de diplomatie, de 4000 années de civilisations andines, marquées par une rigoureuse adaptation à l’environnement et par une judicieuse exploitation des ressources. Ces civilisations furent principalement celles de l’Empire Chavín (1000 à 200 av. J.C.), née dans les Andes, au nord du Pérou, de l’Empire Huari (500 à 1000 par. J.C.), né également dans les Andes, dans la vallée d’Ayacucho, à 2700 mètres d’altitude, de la petite cité Tiahuacano (350 à 1000 par. J.C.), au sud du lac Titicaca, à 3800 mètres d’altitude, et de l’Empire Chimú (1000 à 1475 par. J.C.), sur les côtes du nord du Pérou.

Un nouvel empire

Portés par une mentalité guerrière et une succession de souverains forts et audacieux, les Incas enchaînèrent les conquêtes, alternèrent intelligemment combats et alliances pour se tailler un empire aussi étendu que celui des Romains. Le succès expansionniste des Incas tenait également à leur organisation militaire : comme de nouveaux territoires étaient conquis, les rangs de l’armée accueillaient de plus en plus de soldats issus des peuples conquis. Le service militaire était obligatoire.

De même, les infrastructures étaient performantes : les routes et entrepôts abritant des équipements militaires (propulseurs de lances, lances, couteaux, massues, frondes, lance-pierres, bolas, casques, boucliers, …) étaient très nombreuses, ce qui permettait de déployer des armées dans les régions les plus reculées. De surcroît, les Incas assimilaient, voire intégraient, après les avoir poussés à leur paroxysme, les inventions, les connaissances, le savoir-faire, les stratégies politiques, économiques et sociales de leurs prédécesseurs.

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Guerrier Inca

Ce n’est pas tout : comme le Fils du Soleil était un souverain d’origine divine, il y avait la conviction que ses conquêtes incessantes étaient voulues par le dieu Inti, le Soleil. Enfin, l’expansionnisme inca tenait à des raisons très pratiques : le nouvel empereur accédant au pouvoir n’héritait de rien d’autre que du titre et du pouvoir – ses prédécesseurs décédés conservant les richesses acquises lors de leur règne. Le plus important pour lui était donc d’en acquérir en son nom propre, sous la forme de terres conquises . Ce faisant, il démontrait son aptitude à diriger l’armée et à gouverner.

Les conquérants parvinrent, le 15 novembre 1532, dans la ville de Caxamarca où l’Inca accepta imprudemment de se rendre. Il se présenta sous un dais rutilant, lui-même habillé d’or, étincelant de joyaux. Le dominicain Valverde le somma de renoncer à une religion idolâtre et de reconnaître l’autorité des Rois d’Espagne. Il lui tendit la Bible que l’Inca repoussa. Le moine brandit alors sa croix. À ce signal, les « conquistadores » s’élancèrent sur les Indiens et en tuèrent plus de deux mille. Pizarro lui-même, soudard inculte et sans scrupules, saisit l’Inca aux cheveux et l’enferma dans une pièce de vingt-deux pieds de long sur dix-sept de large.

 

Pour acheter sa liberté, l’Inca proposa de remplir sa prison d’or jusqu’au plafond et il tint parole. Pizarre accusa alors son prisonnier de « rébellion contre Sa Majesté Catholique ». Condamné à mort, le souverain est étranglé et inhumé « chrétiennement ».

Pizarre entra solennellement dans Cuzco. Lui et ses compagnons pillèrent le Temple du Soleil et la demeure royale, où les meubles, les lamas, les oiseaux, les arbres, étaient en or massif. Mais la dissension s’établit bientôt entre Almagro et Pizarre qui fonda une nouvelle capitale au Pérou : Lima. Leur lutte devait durer onze ans. Almagro fut fait prisonnier et exécuté à Cuzco (1538) par Hernando Pizarre, le frère de Francisco.

Une longue vendetta s’ensuivit : Francisco Pizarro fut tué à son tour, le 26 juin 1541 à Lima par Juan de Rada. Il avait soixante-dix ans. Un autre frère de Pizarro, Gonzalo, chassa le vice-roi de Lima et le tua à Anaquito. Il gouverna alors despotiquement le Pérou jusqu’au jour où, en 1548, l’envoyé de Charles Quint, Pedro de la Gasca, le battit et l’exécuta pour rébellion. L’empereur avait pourtant fait Pizarro Chevalier de Saint-Jacques et ses descendants portèrent le beau titre de Marquis de la Conquista.

L’or était maudit…

 

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