Aux racines du mythe des Incas

La civilisation des Incas a laissé une impression durable dans l’histoire du continent sud-américain. Pourtant, son âge d’or a duré à peine 100 ans. Pourquoi une telle place dans l’histoire alors ? Sans doute parce qu’ils étaient là quand les conquistadors espagnols sont arrivés, mais aussi parce qu’ils ont su faire la synthèse des cultures précédentes. S’il est dommageable de résumer l’histoire de l’Amérique du Sud avant l’arrivée européenne aux Incas, nier leur importance est une erreur.

L’Empire des Incas, un bref instant d’histoire…

De Tintin et le Temple du Soleil aux Mystérieuses Cités d’Or en passant par la plupart de nos livres d’histoires, les Incas occupent d’un point de vue européen, une place centrale dans l’histoire du Pérou et de l’Amérique du Sud. Pour la plupart des Français, citer une autre civilisation précolombienne relève de la gageure ! Ou alors, il s’agira des Aztèques ou des Mayas, situés quant à eux, bien plus au nord.

Pourtant, d’un point de vue factuel, l’influence réelle des Incas sur le continent a été très court. Le temps d’un clin d’oeil à l’échelle de l’histoire de l’humanité. Leurs origines exactes sont encore inconnues. Une grande partie des scientifiques pense toutefois que les premiers étaient originaires de la région du lac Titicaca. Ils seraient arrivés à s’emparer de la région de Cuzco grâce à des tribus locales.

Pendant longtemps, ils restent un peuple secondaire. Le grand empire régional de l’époque est celui de Chimu qui succède aux Huari ou aux Tiwanaku. C’est en 1438, sous l’impulsion de Pachacutec puis de Huayna Capac que l’empire inca commence à se développer. Depuis Cuzco, ils vont construire un empire s’étendant du sud de la Colombie à Rio de la Plata en Argentine. Baptisé “Tahuantinsuyo”, il a une une superficie totale de plus de 2 millions de km² ! C’est comme s’ils avaient conquis la moitié de l’Union Européenne en moins de 100 ans.

Mais l’histoire s’est vite arrêtée. En 1527, ils rencontrent pour la première fois les conquistadors menés par Francisco Pizarro. 18 ans plus tard, la guerre est terminée et l’empire inca laisse sa place au Vice-Royaume du Pérou sous l’autorité de la Couronne espagnole. Il faudra attendre près de 300 ans avant que le Pérou ne redevienne indépendant.

… mais une trace durable

Comment expliquer que seuls les Incas soient parvenus dans la mémoire collective ? Plusieurs des empires qui les ont précédés ont eu une domination s’étendant sur plusieurs siècles. Mais aucun n’a eu l’avantage des Incas : être la force dominante à laquelle ont dû se confronter les envahisseurs. Or, après les soldats sont arrivés les religieux et ceux-ci se sont chargés de narrer l’histoire de l’invasion mais aussi des bribes d’informations sur les vaincus.

Plus tard, des auteurs comme Bartolomé de las Casas, Inca Garcilosa de la Vega ou Felipe Guamán Poma de Ayala se sont chargés de continuer ce travail mais aussi de laisser une place croissante aux Incas et de défendre leur histoire. Les deux derniers, d’origines indigènes, occupaient pour cela une place de choix.

Les précédentes civilisations n’ont quant à elles pas eu cet accès ni pour la plupart de connaissances en terme de langage écrit. Leur riche héritage s’est donc davantage partagé par la tradition orale et les héritages archéologiques. Deux facteurs plus sujets aux pertes historiques et surtout moins détaillés.

Enfin, la langue des Incas est toujours parlée. Langue officielle du Pérou depuis 1975, le quechua est aujourd’hui connue par près de 10 millions de locuteurs, au Pérou mais aussi en Bolivie, en Colombie ou en Argentine. Dans les régions andines reculées, vous pourrez ainsi rencontrer des personnes ne parlant pas un mot d’espagnol mais uniquement l’ancienne langue. Si vous souhaitez discuter avec eux, commencez donc par Rimaykullayki. Si vous arrivez à le prononcer, alors vous venez tout juste de leur dire bonjour !

Pukapukara Vallée sacrée des Incas – Crédit : Marie Thérèse Hébert

 

La culture des Incas : un mélange culturel

Parler du quechua, c’est aussi comprendre les racines de la culture inca. En effet, même s’il s’agit de la langue principalement parlée dans l’Empire inca (ou lingua frinca), c’est l’aymara qui était la langue officielle ! Et pour cause, le quechua vient du peuple Chinca situé sur la côte péruvienne. C’est après leur annexion à l’empire inca qu’elle se répand peu à peu jusqu’à devenir la langue principale après quelques adaptations.

Cette intégration de la culture des peuples conquis est un élément-clé de la politique inca. Ils ont peu à peu pris le meilleur de ce qu’ils pouvaient trouver dans leurs nouveaux territoires. De fait, cet empire ne doit pas être vu comme un espace unique mais comme un amalgame de peuples et de cultures. Céramiques, textiles, peintures et sculptures sont bien souvent un mélange de cultures locales et incas.

Toutefois, certains éléments culturels restent indissociables du peuple inca lui-même. On peut ainsi penser à l’ingénierie architecturale. Le Machu Picchu en est un exemple parfait. Les pierres sont agencées de façon à ce que l’on ne puisse pas insérer un simple couteau entre deux pierres. Vous pourrez aussi en découvrir l’exemple le plus extrême à Cuzco : une pierre qui compte pas moins de 12 côtés et dont l’agencement est parfait s’y trouve grâce à une technique de taille très avancée. Et les constructions ont su résister au passage du temps sans qu’aucun mortier ne soit utilisé.

 

Aller au-delà du Machu Picchu

Si on vous demande ce que vous associez aux Incas, votre première réponse sera sans aucun doute le Machu Picchu ! L’ancienne cité inca, perdue au milieu des Andes est devenue un symbole mondial de l’héritage des civilisation précolombiennes en Amérique du Sud. Une grande majorité des plus de 3 millions de touristes qui se sont rendus à Cuzco en 2016 y allaient pour le Machu Picchu.

Pourtant, il serait dommage, de réduire l’héritage de cette civilisation à ce simple site. Rien qu’en sortant de Cuzco, c’est la Vallée Sacrée dans son ensemble qu’il faut considérer. Longue de plus de 100 kilomètres, elle englobe de nombreux sites qui valent le détour.

 

Les salines de Maras

Pour comprendre ce qu’est Maras, il vous faut imaginer les marais salants de Guérande… mais les salines sont ici à flanc de montagne. Datant de l’époque pré-inca mais développé par eux, le site est encore aujourd’hui exploité par 700 à 800 familles.

 

L’ingéniosité de Moray

Comment gérer des cultures à différentes hauteurs de façon efficace ? En faisant des tests bien sûr ! Mais plutôt que de répartir ceux-ci sur différents lieux, les Incas ont mis au point Moray. Visuellement, le lieu ressemble à un amphithéâtre. Mais il s’agit en fait d’un véritable laboratoire de recherche agricole. La position de chaque niveau correspond à un micro-climat différent, une vingtaine au total, le tout dans un espace particulièrement réduit. Une véritable performance pour l’époque…

 

Ollantaytambo

La forteresse de Ollantaytambo est une petite merveille à l’échelle de la Vallée Sacrée et peut-être le site qui se rapproche le plus du Machu Picchu par son importance. Ses hauts murs se dressent à flanc de montagne et surplombent le village où ne font que passer les touristes en route vers le Machu Picchu. Pourtant, ses gravures et les nombreuses randonnées possibles aux alentours lui donnent un attrait particulier.

Machu Picchu des Incas – Crédit : Pedro Szekely

 

La richesse de Cuzco

Mais l’épicentre de la culture inca reste bel et bien Cuzco où est notamment fêté l’Inti Raymi, la fête du soleil inca. Le “nombril du monde” en quechua est une ville qui aujourd’hui encore réalise une fabuleuse synthèse entre histoire et modernité. Première destination touristique du pays, elle attire les férus d’histoire, de culture et de dépaysement.

Pour saisir l’importance de la ville dans la mythologie inca, il faut s’élever. Prendre de la hauteur, depuis le quartier bohème de San Blas où se trouve le site archéologique de Sacsayhuamán sur les collines qui surplombent Cuzco. Avec un peu d’imagination, vous découvrirez sans peine la forme originale de la ville, celle d’un puma, un animal mythique pour ses premiers habitants. En son centre, la Plaza de Armas (Place d’Armes).

Chaque grande ville du continent en compte une, héritage de la colonisation. Mais celle de Cuzco est considérée comme l’une des plus belles d’Amérique du Sud. Elle juxtapose la cathédrale de Cuzco et l’église des Jésuites qui rivalisent de hauteur. En son centre, une statue de l’Inca Pachacutec semble défier du regard les nouveaux venus. Partout, ce mélange d’ancien et de nouveau. Les petites rues pavées de Cuzco sont une invitation à l’histoire et chaque recoin semble dissimuler un nouveau site historique qui vous fera ralentir. Hôtels, administrations et maisons particulières ont su s’approprier l’héritage inca sans le dénaturer, permettant ainsi une réelle immersion dans cette ville à nulle autre pareille.

Sachez aussi profiter de ces charmes cachés. Loin des regards touristiques, les quartiers locaux offrent une expérience incomparable. Déguster un jus de fruit frais pressé face à vous, déguster un cochon d’inde (la spécialité locale) ou un anticucho (cœur de bœuf) sont autant de souvenirs qui vous marqueront à jamais. Et ils assureront que Cuzco et la culture inca garderont pour vous une place à part.

 

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