Le destin fou du Français devenu roi de Patagonie

Fou et mythomane pour les uns, génial aventurier pour les autres. En 1860, le Périgourdin Antoine de Tounens règne sur l’Araucanie et la Patagonie, deux régions de l’extrême sud du Chili et de l’Argentine. Le film Rey, qui sort en salle ce mercredi 29 novembre, retrace cette incroyable épopée, méconnue mais véridique.

 

Un destin incroyable qui commence le 12 mai 1825 au hameau de la Cheyze dans le Périgord. Dans cette famille de cultivateurs aisés et de neuf enfants, Antoine Tounens (son nom à l’époque) se distingue par son intelligence.

Il suit des études de droit, puis s’installe comme avoué à Périgueux : une belle ascension sociale qui ne lui suffit pas.

Car Antoine de Tounens nourrit de plus hautes aspirations, comme le prouve cette particule ajoutée à son patronyme, et son ralliement à la loge maçonnique de Périgueux. Il est surtout persuadé que son destin est d’être roi.

« Pourtant, c’est quand tout lui réussit qu’il décide de vendre sa charge d’avoué. En 1857, il disparaît de Périgueux et pendant quatre ans, on sera sans nouvelles de lui. » Ce n’est qu’en mars 1861 que l’on retrouve sa trace dans les journaux : on y raconte qu’au Chili, le peuple mapuche a nommé un chef blanc, un Français. Cet homme, c’est Antoine de Tounens.

Son accession au trône a lieu le 17 novembre 1860

Le tout nouveau souverain Orélie-Antoine Ier promulgue une constitution et une monnaie est frappée à son effigie. Un Blanc désigné par des Indiens eux-mêmes ? Là encore, l’histoire est incroyable. « Le grand chef mapuche venait de mourir. De Tounens a été choisi pour lui succéder car depuis longtemps, le sorcier de la tribu annonçait l’arrivée d’un sauveur blanc. Et puis il réunissait les trois qualités indispensables pour diriger ce peuple : le newen, la force ; le kimun, la sagesse ; le machi, la virilité. »

Le Chili voit évidemment d’un mauvais œil les agitations de cet homme venu de nulle part, qui envisage d’exploiter les mines d’argent, d’étain, et de cuivre, et qui veut ouvrir une ligne de vapeurs entre Bordeaux et l’Araucanie.

Il sollicite même le soutien de Napoléon III, heureusement pour les Chiliens, trop occupé par sa campagne militaire au Mexique.

En 1862, l’armée chilienne le fait prisonnier et la justice le déclare fou. Orélie-Antoine Ier est interné dans un asile d’aliénés jusqu’à ce que la diplomatie française parvienne à le faire libérer.

 

 

   

De retour au pays, Orélie-Antoine ne désarme cependant pas. Il entend se conduire comme un souverain en exil, spolié de son royaume et il poursuit son agitation à Paris.

Au bout de 7 ans, Orélie-Antoine 1er  décide de repartir en Patagonie, nous sommes en 1869. Il reprend le bateau et se lance, sur place, dans un périple dangereux à travers la Cordillère des Andes, dans régions désertiques de la Patagonie, peuplées de tribus belliqueuses pour arriver enfin en Araucanie.

Lors de la dernière tentative en 1876, il tombe gravement malade.
Il meurt peu de temps après le 17 septembre 1877 à Tourtoirac chez son neveu Jean qui l’a recueilli, tous les autres membres de la famille ayant tourné le dos à cet homme qui les avait ruinés.

Célibataire et sans enfant, il confie la succession de son trône à son ami Gustave Achille Laviarde (Achille 1er).

 

 

Ce drôle de royaume est aujourd’hui occupé par Jean-Michel Parasiliti di Para (Antoine IV) qui défend le droit des indigènes dans les organismes internationaux.

Certains tentent de perpétuer cet esprit d’aventure et d’audace. Ce sont des Patagons, comme on dirait des Don Quichotte : des doux rêveurs qui carburent à l’humour et à l’excentricité pour donner plus de visibilité à leur cause.

Ils ont déjà débarqué sur l’archipel des Minquiers appartenant à la Grande-Bretagne dans la Manche ou installé une base aéronavale patagonne en Normandie…

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